Endod


Endod, ou bien Phytolacca dodecandra, appartient à la famille de Phytolaccaceae et est originaire d’Afrique subsaharienne et de Madagascar. Il a été introduit en Asie et en Amérique tropicale. C’est un arbuste grimpant, semi-succulent, parfois une liane à tiges atteignant 10(–20) m de long, à racine pivotante ; les fleurs sont petites, en grappe, et les fruits sont orange ou rouge violacé.
On utilise couramment différentes parties de Endod comme à de nombreux maux, malgré la toxicité de la plante. Un extrait des racines, des feuilles, des fruits et des graines se prend comme purgatif chez les humains et les animaux, comme vermifuge pour traiter les œdèmes et les problèmes intestinaux tels que diarrhée et douleurs abdominales, et il est laxatif, émétique, sudorifique et diurétique. Le jus de feuilles s’appliquent sur les plaies et s’emploient pour les maladies de la peau comme la teigne, la gale, l’eczéma, le psoriasis, la lèpre, les furoncles et le vitiligo ; le jus est cicatrisant et hémostatique et provoque une sensation de brûlure sur la peau. L’infusion du fruit ou la décoction de racine se prend aussi couramment pour traiter les maladies vénériennes, la bilharziose, la rage, le paludisme, le mal de gorge et d’autres problèmes respiratoires, les douleurs rhumatismales, la jaunisse, ainsi que la maladie du charbon et les sangsues chez les animaux.
Les fruits séchés, réduits en poudre et mélangés à de l’eau, produisent un détergent moussant, utilisé traditionnellement en Ethiopie, en Somalie et en Ouganda pour faire la lessive ainsi que pour laver le corps. On a également fait du savon à partir des cendres de plantes brûlées. En Ethiopie et au Zimbabwe, les fruits immatures servent couramment à lutter contre les escargots vecteurs de bilharziose, car ils contiennent des saponines molluscicides. C’est un produit moins cher et moins toxique que les molluscicides synthétiques.
Les opinons quant à la comestibilité des feuilles divergent considérablement. En Afrique de l’Ouest et Afrique centrale. En Afrique orientale et australe, la plante entière est réputée toxique et elle aurait causé le décès accidentel de personnes ayant consommé ses feuilles en légume.

Les fruits de Endod ont un important potentiel comme molluscicide. On a mené des études agronomiques pour sélectionner des cultivars à rendement élevé en fruits et en saponines et dotés d’une résistance aux ravageurs, mais il est nécessaire d’approfondir les recherches pour trouver des façons de rendre les fruits utilisables comme additif ou comme substitut à d’autres détergents. Des recherches socio-économiques sont nécessaires pour évaluer l’utilisation des fruits dans la lutte locale contre la schistosomose.