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Centre des médias Impact Stories Les légumes indigènes au secours des conditions de vie en Afrique

Les légumes indigènes au secours des conditions de vie en Afrique

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Pendant des siècles, les Africains ont eu recours aux légumes indigènes non seulement pour assurer leur sécurité alimentaire, mais aussi à des fins médicinales, sociales, culturelles et comme source de revenus. Cependant, la consommation de ces légumes ayant, au fil des ans, chuté d’une manière générale, on a imputé cette baisse au fait que l’on ne pouvait pas se les procurer et que les jeunes générations notamment ne les connaissaient plus.

Pour résoudre ce problème, PROTA lançait en 2006 les Projets relatifs aux légumes indigènes – dans le cadre de son Initiative en faveur des projets pilotes – destinés à promouvoir leur culture et leur consommation afin d’améliorer les conditions de vie des collectivités rurales. Ces projets ont permis à plus de 230 petites exploitations agricoles kényanes (150 situées à Narok et à Bomet dans la Vallée du Rift, et 80 dans la région de Maragua, en Province centrale), d’acquérir le savoir et le savoir-faire nécessaires à la production, à l’utilisation et à la commercialisation de trois espèces légumières indigènes : la morelle de Guinée (Solanun scabrum), le caya blanc (Cleome gynandra) et l’amarante (Amaranthus cruentus).

A partir des informations contenues principalement dans PROTA 2: "Légumes", du matériel didactique a été conçu. Les agriculteurs ont reçu une formation dans plusieurs domaines, notamment les méthodes de production des plantes, la lutte contre les ravageurs, les méthodes d’irrigation, les traitements après récolte, la conservation, le traitement des semences, la valeur nutritionnelle et commerciale des légumes et leur commercialisation.
C’est un projet dont tout le monde s’est félicité et qui a connu un franc succès à en juger par les conclusions d’une récente mission d’évaluation de son impact: en effet, le nombre d’agriculteurs qui cultivaient les légumes indigènes sur les sites du projet est passé de moins de 10% avant le début du projet à plus de 90% aujourd’hui, soit deux ans après la fin de ce dernier. La consommation des légumes a elle aussi augmenté dans la plupart des ménages qui avouent en consommer plus d’une fois par semaine, ce qui prouve bien l’engouement grandissant pour les légumes indigènes. L’amarante est très appréciée à Maragua (elle y est consommée par 87% des personnes interrogées), la morelle de Guinée l’étant davantage à Narok (où elle est consommée par 80% d’entre elles).

Les projets ont eu incontestablement des retombées. D’abord, ils ont sensibilisé les communautés cibles à la valeur des légumes indigènes. Ensuite, les agriculteurs ont élargi leurs connaissances et amélioré leurs compétences dans le domaine de l’agronomie, de l’utilisation et, ce qui est plus important, de la valeur nutritionnelle des légumes. Enfin, les légumes indigènes se sont avérés plus lucratifs que les légumes exotiques, se vendant à de meilleurs prix sur le marché. En fait, la demande de légumes indigènes fut telle que la plupart des agriculteurs n’eurent même pas à se déplacer sur les marchés, les acheteurs – voisins et négociants locaux – venant les chercher jusque dans leurs exploitations.
“C’est un projet qui n’a eu que des avantages pour nous. Il nous a permis de nous perfectionner sur les différents aspects de la culture des légumes indigènes, de la préparation du sol jusqu’aux traitements après récolte. Qui plus est, il nous a rendus capables de nous lancer dans la culture maraîchère comme dans une activité économique,” déclare le Rév. John ole Kaaria, membre de l’Ecole aux champs d’Ol Marei à Narok, et d’ajouter, “Nous devons pouvoir produire davantage pendant la saison sèche, car c’est à ce moment-là que les légumes se vendent le mieux.”
Mlle Alice Saitoti du groupe d’entraide d’Enyuata à Narok souligne que, “actuellement ce dont nous avons vraiment besoin c’est d’un bon système d’irrigation qui nous permette de cultiver les légumes douze mois sur douze, car c’est pendant la saison sèche que la demande de légumes est la plus forte et les prix les plus hauts.”
Ce qui a été très profitable pour les agriculteurs c’est que les légumes indigènes coûtaient moins cher à cultiver que les exotiques comme les tomates et le chou. Les investissements nécessaires aux légumes indigènes étaient minimes et peu onéreux contrairement aux légumes exotiques.
Après avoir reconnu le profit qu’ils pouvaient tirer des légumes indigènes, les agriculteurs se sont jetés à corps perdu dans cette entreprise lucrative.

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